CULTURE DIY

TARTE TATIN BOOK CLUB : AU SUD DE NULLE PART de C. BUKOWSKI

Hello,

Magie du feed d’instagram, me voilà embarquée club de lecture virtuelle grâce à la meneuse de REVUES : Camille alias MANGEZ-DES-TARTES.

Apprentie bibliothécaire belge de 30 ans elle mène avec sympathie LE TARTE TATIN BOOK CLUB dont le principe est « de créer du lien virtuel certes autour d’un élément fédérateur qu’est un livre ».

Le principe, 1 livre par mois :

Camille soumet au vote deux séries de livres de sa bibliothèque personnelle via sa story instagram. Ensuite, le 1er de chaque mois, elle poste le résultat sur son feed avec le mode d’emploi du club. C’est à ce moment que l’on décide de s’inscrire ou pas 🙂

La sélection des livres est purement subjective (livres connus, classiques, polards…) et éclectique…Selon le feeling du moment.

La Consigne est simple : lire à son rythme et partager son ressenti via la discussion instagram créée autour du livre. Comme le précise CAMILLE, on a le droit d’aimer ou pas, le tout (et l’essentiel) est de partager dans le respect.

Grâce au TARTE TATIN BOOK CLUB je redécouvre le plaisir de lire, de partager d’échanger. J’ai d’ailleurs découvert l’auteur de ce mois et bien d’autres idées de lecture via la discussion avec les autres membres du club… qui dérive souvent sur d’autres sujets 🙂

J’ai de nouveau une carte de bibliothèque dans mon portefeuille … MERCI CAMILLE

Le livre du mois de mai : « AU SUD DE NULLE PART » de C. BUKOWSKI

« Avec Au sud de nulle part, des « Contes souterrains » publiés en 1973, Buko (Charles Bukoski) replonge à corps perdu dans sa folie ordinaire. Ou, plutôt, il mêle ses délires à ceux d’autres types, restituant ce qu’il a connu, vu, pigé, enregistré, et qu’il recrache aujourd’hui, comme des morceaux de bidoche hachée gros, presque saignante ».

« Au sud de nulle part » est un recueil de nouvelles assez court (220 pages env.) Néanmoins, il marque les esprits et plonge le lecteur dans l’Amérique des années 70 avec son lot de dérives. SEXE DROGUE ET ALCOOL !

Dès la première nouvelle, le lecteur est mis au pas : c’est à prendre ou à laisser (laissez lui une chance quand même :-).

En effet, du moment ou l’on commence la lecture, nous sommes trainé au fond d’un verre de whisky, d’un bar miteux ou d’une chambre glauque avec vue sur prostituée (les 3 éléments pouvant facilement interagir ensemble). Cette folie dépravée est le fil conducteur de l’ouvrage qui distille à mesure des nouvelles quelques éléments récurants et clairement autobiographiques.

A chaque nouvelle une situation : pérégrinations de personnages loufoques, délires sexuels et scatologiques, entre fantasque et réalité, on découvre une Amérique haut en personnages et situations racoleuses, loin du rêve américain. Crade, vulgaire, cinglant et abrasif mais en même temps captivant, ce recueil fait ressortir une certaine « moralité »…la ou l’on s’y attend moins 🙂

Extraits du livres qui donnent le ton :

« Financièrement parlant, il valait manifestement mieux avoir une chatte qu’une queue ».

« Les chiens ont des puces, les hommes des emmerdes.

« Comme n’importe qui vous le dira, je ne suis pas un homme très affable. Les gens affables me donnent envie de dormir. J’ai toujours admiré les méchants, les hors-la-loi, les fils de pute. Je n’aime pas les petits gars rasés de près, portant cravate et nantis d’un bon boulot. J’aime les hommes désespérés, les hommes aux dents brisées, aux vies brisées et aux manières brusques. Ils m’intéressent. Ils ménagent plein de surprises et d’explosions. […] Les pervers m’intéressent davantage que les saints. Quand je suis avec des ratés, je me sens bien, étant moi-même un raté. Je n’aime pas la loi, la morale, la religion, les règlements. Je refuse d’être modelé par la société ».

Quelques mots sur C.BUKOWSKI (version très très condensée pour en savoir plus c’est ici) :

Pour comprendre son œuvre, il faut se pencher sur sa vie… CB a toujours voulu devenir écrivain et a publié plus de 45 livres. Enfant d’immigrés allemands venus chercher de meilleures conditions de vie aux USA début des années 20, Charles B (alias Hank, Buk, Chinaski) nourrit ses écrits de ses expériences personnelles.

Son enfance est misérable: C.B et sa mère subissent les violences d’un père alcoolisé frustré ne pas avoir réussi socialement. D’ailleurs il trainera toute sa vie des rancunes envers ce dernier. Il grandira dans un environnement misogyne qui imprègnera ses nouvelles : le sort réservé aux femmes est détestable.

Il n’édulcore pas sa vie qu’il écrit sans concessions. Impossible donc de dissocier la vie d’écorchée de C.B avec son œuvre.

Mon avis : Minable ou génie ?

Les nouvelles s’enchainent bien même si, à mon sens, mieux vaut marquer une petite pause entre chaque pour les dissocier correctement.

Que l’on n’aime ou pas, que l’on déteste ou que l’on adore, qu’il soit un génie ou le pire des connards, C.B suscite quelque chose. Pour ma part, j’ai eu du mal à me faire au style qui écorche les yeux. Puis on se prend au jeu : c’est brute et sans compromis presque manichéen.  Au fil des nouvelles, je suis passée par toute sorte de sentiment : rire colère questionnement (ahh?? bon ??).

Puis j’ai fini par comprendre : ce type la, raconte sans langue de bois tout bonnement ses propres expériences.

On peut avoir du mal à comprendre le fond de cette lecture qui enflamme la rétine mais pourtant, l’univers alcoolisé, violent ou la femme est « trou » est bien celui de BUKO.  Que cela plaise ou non… C. BUKOWSKI est le genre d’auteur aimé ou carrément déprécié et rien que pour cela, il mérite que l’on s’intéresse à lui !

Si cela vous botte, n’hésitez pas vous inscrire (ici). Le livre du mois de juin est déjà dévoilé et je vous laisse le plaisir de le découvrir sur l’intasgram de CAMILLE.

A bons lecteurs, salut !

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